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Cognac bio : un contrat sur mesure

Cognac bio : un contrat sur mesure

Mardi 27 Juillet 2021

La SVE de Saint-Palais-de-Négrignac et la distillerie du Peyrat à Houlette aident à la conversion en bio.

Souvent, l’un des reproches invoqués pour la faible expansion de la viticulture biologique dans la région du cognac - hormis le peu d’impulsion, donnée par les maisons de négoce elles-mêmes ! -, c’est le manque de structuration de la filière. C’est cette première partie de l’équation que les distilleries SVE et du Peyrat, en collaboration avec le groupement VitiBio, s’attellent à résoudre. Pour cela, les deux distillateurs - Julien Nau pour la SVE et Antoine Rault pour la distillerie du Peyrat - lancent un contrat spécifique, à l’attention des viticulteurs conventionnels, intéressés pour se convertir en bio. Ce contrat « Vers la bio » engage le viticulteur pour six ans et lui assure une rémunération de sa production supérieure de 15 % en moyenne. Alors que la conversion nécessite trois années avant d’être labellisée, cette valorisation sera effective dès la deuxième année du contrat pour un viticulteur, qui tente le passage en bio. « La principale crainte des viticulteurs conventionnels à passer en bio, on la connaît, c’est la perte du rendement », soupirent Pascal Rousteau et Jean-François Rault, des convaincus de la bio depuis les premières heures. Un mythe que Jean-François Rault - qui a aujourd’hui passé les rênes de la distillerie du Peyrat et de son vignoble de Houlette à ses deux fils - veut dédramatiser : « Sans incident climatique, on est tout à fait capable d’obtenir un rendement à 12 à 13 hl d’AP/ha. »

Autre frein identifié : la technicité et le coût de la production, qui interdit le recours aux produits ou engrais chimiques, au profit de la matière organique et de la vie du sol. C’est là que l’encadrement de l’association VitiBio joue tout son rôle. Présidé par le viticulteur de Bréville, Pascal Rousteau, le groupement dispose d’un réseau de quarante adhérents aguerris, suivis techniquement par un consultant indépendant lors de réunions bouts de vigne. « Nos groupes techniques de terrain sont d’ailleurs ouverts aux viticulteurs conventionnels », informe Léa Cubaynes, l’animatrice de VitiBio, qui pointe du doigt la préservation de la qualité de l’eau - sur ce secteur de l’aire de captage de Coulonge-Saint-Hippolyte - et l’avancée vers le zéro herbicide, déjà initié par plusieurs maisons de cognac, dont la plus grande d’entre elles.

Julien Nau n’en doute pas : la viticulture bio est en phase avec les attentes sociétales. Y compris, à l’export sur le marché américain, premier gros acheteur de cognac, assure le jeune dirigeant, qui exploite désormais, en marge de la SVE, un vignoble de 20 hectares en AB. Le bouilleur de profession est devenu négociant en rachetant à Camus la marque Planat pour en faire une gamme dédiée au bio. L’objectif est maintenant « de faire grandir toute la filière et d’arriver à constituer un stock de cognac bio, capable d’assurer le développement pérenne des marchés ».

Article : Fabienne Lebon

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