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Delamain, maison presque bicentenaire, revisite son XO centenaire

Delamain, maison presque bicentenaire, revisite son XO centenaire

Lundi 04 Janvier 2021

En 2024, la maison Delamain fêtera ses 200 ans, dans la rue qui porte le nom des deux frères créateurs de son XO « Pale & Dry » à Jarnac.

Atout du marketing, le storytelling est l’art, pour une marque, de savoir raconter des histoires. Et Charles Braastad, directeur général du cognac Delamain (groupe Bollinger), est un parfait conteur quand il narre l’histoire du XO Pale & Dry de la maison, créé en 1920. « Derrière ce cognac plus pâle que la norme, car sans caramel et paré de sa sucrosité naturelle, il  y a deux hommes : Robert Delamain, archéologue, collectionneur et auteur de différents ouvrages concernant le cognac et la région ; et Jacques Delamain, scientifique et un des premiers ornithologues français. Ces hommes cultivés et intellectuels, issus d’une famille protestante, font venir à Jarnac après la première guerre mondiale tout un cercle d’artistes, d’écrivains et de scientifiques, avec qui ils conversent autour d’un cognac. C’était leur façon de faire la promotion du cognac Delamain ». 100 ans plus tard, Charles Braastad, descendant des Delamain via sa grand-mère France, reste, au nom de la maison qu’il dirige depuis 2017, « le gardien du temps » (c’est le slogan de la maison !) de ces cognacs de Grande-Champagne, « vieillis en fûts roux, qui est notre spécialité ». Ce qui ne l’a pas empêché de demander à son maître de chai, Dominique Touteau, de revisiter à l’occasion de son centenaire, la recette du Pale & Dry… tout en en gardant la quintessence. Le maître de chai, qui affiche 40 ans de bons et loyaux services dans la maison, a relevé le challenge : « Il fallait impulser un esprit moderne à ce produit authentique et intègre ». Dans la pratique, Pale & Dry « nouvelle version » est un assemblage de vieilles eaux-de-vie, issues notamment du vignoble de 20 hectares que la maison a repris en fermage en 2019 à Bellevigne. Le vieillissement est assuré dans un chai très humide semi-enterré… sous – voilà qui n’est pas banal - l’église de Jarnac.

A la réduction naturelle « s’ajoute celle des faibles, c’est-à-dire provenant d’eaux-de-vie à 15 % vol. », décrit le maître de chai, qui ne ne cache pas son plaisir de humer sa création (pardon « sa réinterprétation » du Pale & Dry !). L’équilibre entre sucrosité naturelle et intensité alcoolique, il l’a estimé à 42 degrés.

Comme le contenu, le contenant a lui aussi subi une cure de jouvence, présenté dans un format réduit à 50 cl. « Ce nouveau format, proposé en coffret haut de gamme, nous permet notamment de rester au-dessous de la barre des 100 euros » confie Charles Braastad. Ce cognac est destiné au marché de luxe français et à l’export… à l’exception du continent asiatique. Pour le marché chinois, Delamain concocte un cognac spécial, qui sortira mi-2021.

A la même période ou presque, la vingtaine de salariés devrait réintégrer les murs d’origine de la maison - fraîchement rénovés -, situés rue Jacques et Robert Delamain à Jarnac. « Nous n’allons pas y aménager un circuit de visite grand public tel qu’on l’entend, mais nous disposerons d’un point d’accueil et de vente, pourvu d’un hall d’exposition de 80 m2 et d’un espace de dégustation. Nous pourrons y accueillir dans de bonnes conditions nos clients professionnels ou individuels, sur rendez-vous », promettent Charles Braastad et Dominique Touteau.

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