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Marnier-Lapostolle renforce son ancrage charentais

Marnier-Lapostolle renforce son ancrage charentais

Lundi 29 Avril 2013

Les écorces d’oranges amères, ingrédient de la liqueur Grand-Marnier, sont désormais  stockées et distillées à Bourg-Charente…

C’est officiel et opérationnel, les écorces d’oranges amères, ingrédient de la liqueur au cognac Grand Marnier, sont désormais stockées et distillées sur le site de Bourg-Charente.

Sur les hauteurs du village, le château, propriété de la famille Marnier Lapostolle depuis 1921, surplombe, immuable, la vallée de la Charente.

Mais aux effluves du cognac, déjà élaboré sur place, s’ajoute depuis peu, le parfum vivifiant de Citrus Bigaradia. Cette variété d’orange amère cultivée en Haïti est l’ingrédient de base de la plus célèbre des liqueurs au cognac.

Le 18 avril dernier, l’inauguration  de l’atelier de distillation sur trois niveaux et de ses quatre alambics flambant neuf fabriqués par Chalvignac a réuni plus de 180 personnes.  « Un investissement  indispensable  de 6,5 millions d’euros» annonce le président Jacques Marnier Lapostolle encore quelque peu nostalgique de la fermeture du site fondateur de Neauphle-Le-Château dans les Yvelines.  « Cet investissement a permis la réalisation d’un outil moderne pour répondre à nos ambitions d’innovation et de croissance » ajoute le patriarche.

Au-delà des ambitions, il s’agit bien d’un choix industriel dans un souci de rationalisation et de mise aux normes de l’unité de distillation.

Parfum d’orange, le cœur de chauffe

Deux bâtiments contemporains côtoient la silhouette majestueuse du château de Bourg-Charente, en toute harmonie grâce notamment à l’utilisation de matériaux nobles comme le bois, la pierre de Mansle et le verre.

Ici sont stockées 500 tonnes (deux années de production)  de quartiers d’écorces séchées récoltées vertes pour préserver la concentration du parfum.  Une fois triées, nettoyées et assouplies par humidification, elles sont débarrassées de leur pellicule intérieure blanche appelée « albedo ». Le zeste est alors mis à macérer une huitaine de jours dans des bidons étalonnés contenant un alcool surfin réduit aux alentours de 27°.

Après l’extraction des composés aromatiques de l’écorce vers l’alcool, le tout est placé dans des alambics de 75 hl/volume à 6 plateaux alimentés à la vapeur.

Seul le cœur de chauffe compose le parfum d’orange (90°), pendant  que têtes et queues (le distillat de début et fin de distillation) sont mélangées avec les macérations de la distillation suivante.  Pour éviter tout risque de « rimage », une grille retient les écorces à l’intérieur de la chaudière. Le parfum d’orange ainsi obtenu est légèrement réduit puis assemblé au cognac et au sirop dans l’unité d’embouteillage de Gaillon dans l’Eure.

Christine Croizet

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