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Premières armes dans la distillation

Premières armes dans la distillation

Lundi 25 Octobre 2021

Associé à son père, Mathias Geay-Razé fait revivre l'ancienne exploitation d'un bouilleur de profession à Arthenac.

Mathias Geay-Razé fait partie de cette nouvelle génération de fils de viticulteurs charentais qui, à un moment de leur adolescence, ont commencé par se dire « Jamais les vignes » avant de, finalement, reviser leur jugement, une fois adulte.

Après ses études, Mathias Geay-Razé commence donc par travailler (jusqu’en 2019) dans l’administration comme dessinateur projeteur pour la Direction des infrastructures de Jonzac. Une première expérience d’où il en conclut que « je n’étais pas fait pour rester cantonné dans un bureau 35 heures par semaine ! », confesse ce grand gaillard. Et quand le poste qu’il ambitionne (« contrôleur de travaux, ça ne s’invente pas ! » en rigole-t-il encore) lui passe sous le nez, ni une, ni deux, il décide de changer de vie ! Après tout, il n’a que 24 ans à l’époque et tout l’avenir devant lui… Et son futur, ne voilà-t-il pas qu’il se prend à l’imaginer dans les vignes et dans la distillerie… « J’avais fait quelques appels du pied à mon père pour lui faire comprendre mon désir d’intégrer le métier - ne serait-ce qu’en prenant des congés pour l’aider pendant les vendanges -, mais mon père ne comprenait pas le message… » Finalement, Mathias Geay-Razé informe son père de ses vœux ; lequel, « en bon Charentais » dixit son fils, reste d’abord stoïque (!) devant ce subit revirement de situation… avant de lui signaler qu’une exploitation viticole voisine, appartenant à un ancien bouilleur de profession, pourrait faire leur affaire, dans le cadre d’une association père-fils.

Bonne pioche : l’ancien distillateur Jean-Louis Goulard, en retraite sur la côte atlantique (et sans repreneur), se déclare prêt à vendre à Arthenac les 1 500 m2 de bâtiments, l’habitation attenante et les 10 hectares de terres alors en jachère. « Dès 2005, à l’arrêt de son activité, Jean-Louis Goulard avait commencé à vendre ses vignes, de même que l’un des trois alambics présents sur place ». Il en reste donc deux de 25 hl à remettre en état. C’est à cette tâche que Mathias et son père Stéphane se sont attelés avant ces vendanges et les deux alambics, de nouveau rutilants, vont reprendre du service cette année…

Ce sera aussi le baptême du feu pour Mathias le bouilleur de cru… « L’année dernière, j’ai bien aidé mon père à distiller sur sa propre exploitation : la récolte était même tellement abondante qu’on a utilisé toute la période de distillation réglementaire ! Reste que, cette année, constitue ma première « vraie » année en tant que chef d’exploitation ». Et l’on sent bien que le jeune associé de la SCEA les Alambics – reprise en avril 2019 avec l’appui de son père et l’apport de 25 hectares - a hâte d’allumer la chaudière !

Pour apprendre les fondamentaux du métier, Mathias Geay-Razé a bien effectué une formation de 15 jours étalée sur plusieurs mois (de février à juin 2021) prodiguée par l’Ireo de Cherves-Richemont mais faute de détenir le diplôme adéquat pour s’installer, il a dû renoncer aux aides. Depuis, son père s’improvise donc pédagogue pour lui enseigner les us et des coutumes du métier : du plant de vigne à l’art de distiller… Et Mathias Geay-Razé se prend au jeu : il a désormais envie de s’investir dans les clubs de jeunes livreurs des négociants, avec lesquels il contractualise (N.D.L.R. : les trois premières grandes maisons de cognac).

Fabienne Lebon

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