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Le rappel à l'ordre de Jean-Bernard de Larquier

Le rappel à l'ordre de Jean-Bernard de Larquier

Lundi 21 Fevrier 2022

Le président de la Sica Cognac - coopérative liée à Grand Marnier (groupe Campari) - appelle la jeune génération de viticulteurs au "respect".

L’euphorie économique, qui s’est emparée du cognac malgré les trois dernières crises connues (subprimes, politique anti-ostentatoire en Chine et Covid) ferait-elle tourner la tête des jeunes générations ? Probable, si l’on en croit la longue mise au point réalisée par Jean-Bernard de Larquier, président de la Sica Cognac, lors de l’assemblée générale le 4 février aux Chais Monnet. Devant des rangs certes clairsemés (par le covid), il s’est fendu d’un rappel à l’ordre en règle face à l’attitude de « certains nouveaux vignerons », qui « ne respectent pas leur structure partenaire », dans les mouvements de parts sociales.

« Lorsque la jeune génération reprend les commandes d’une exploitation, je peux comprendre qu’elle veuille apposer sa signature et changer de stratégie, a déclaré Jean-Bernard de Larquier. Néanmoins, avant de prendre une décision, il est déontologiquement plus correct de venir échanger avec la structure partenaire pour être en possession de toutes les données utiles à la prise de décision », notamment « sur ce que cette longue relation a pu souvent apporter à l’exploitation, surtout si elle se trouve dans les bois, qu’ils soient bons ou fins ! » « C’est une démarche plus respectueuse que d’envoyer ses parents ou, pire encore, de se contenter d’un courrier sur la cessation de relations… », reprend Jean-Bernard de Larquier, avec sa franchise coutumière.

Ne pas croire pour autant que son long discours - plus de 30 minutes - ne soit pas émaillé « d’espoir » et « d’optimisme », au vu des chiffres présentés : ceux de la filière cognac et ceux de Grand Marnier (qui a réalisé une année 2021 record depuis son acquisition par Campari, sixième groupe mondial de spiritueux), permettent de « faire partie des leaders régionaux » et de « bénéficier de hausses de prix, qui ne sont pas de simples compensations ». « Nous sommes dans la constance, a affirmé Patrick Léger, le directeur de Marnier-Lapostolle Bisquit, mais nous avons besoin de volumes supplémentaires. L’appellation doit augmenter les surfaces de son vignoble pour assurer la croissance future ». Oui, mais pas n’importe comment… devrait-on en conclure après « l’alerte à l’excès d’optimisme », lancée sur place par Jean-Bernard de Larquier. Alerte, là encore, émise en direction des jeunes générations. « La base, c’est le passé, savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Si nous n’avions pas connaissance des souffrances qu’ont générées nos querelles intestines entre crus, départements, typologie de producteurs (bouilleur de cru, producteur de vin, éleveur…), si nous oublions les difficultés engendrées par le manque de confiance entre viticulture et négoce, qu’en serait-il de notre situation actuelle ? Certains nouveaux vignerons ignorent tout ou presque de cette époque ! Et cette ignorance du passé qu’ont certains jeunes aujourd’hui m’inquiète. Les propos tenus par certains font froid dans le dos : le manque de réalisme de certains dans leurs échanges avec leurs partenaires n’est pas d’exposer les difficultés internes de l’exploitation, mais des choses superflues, telles l’impossibilité d’acheter un Porsche Cayenne neuf ou de faire face aux frais générés par sa résidence secondaire à Royan… Et malheureusement, je ne force pas le trait : ce sont des remarques vécues ! »…

Lire la suite de l'article rédigé par Fabienne Lebon dans Terres de Cognac n°146 de janvier-février 2022. En kiosque à 10 euros.

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