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Roland Vilneau, vigneron par passion

Roland Vilneau, vigneron par passion

Vendredi 18 Mars 2022

« Le travail dans les vignes, je le connais depuis l’âge de 8 ans ». Roland Vilneau se livre sur le métier de vigneron qu’il effectue depuis 60 ans !

Installé en 1973 sur seulement 4 hectares, Roland Vilneau compte désormais 37 hectares de vignes en cru « Fins Bois » répartis entre plusieurs communes du Nord Charente. Il est en contrat avec les trois grandes maisons de cognac : Hennessy, Martell et Courvoisier. Il  produit aussi du vin charentais.

Du haut de ses 68 ans, cet homme accompli prépare la succession de son exploitation via la création d’un groupement foncier agricole (GFA) avec Edwige, sa fille, professeure des écoles et le fils de sa compagne, Kevin, qui travaille dans le secteur du bâtiment. Une retraite qu’il compte prendre d’ici deux ans.

Fort de son expérience, Roland Vilneau s’est toujours adapté : « J’ai dû me diversifier comme avec le tabac que j’ai cultivé de 1974 à 1990 ». C’est au moment où le marché du cognac remonte en 1989, que Roland Vilneau, jusqu’ici producteur de vin charentais, acquiert 5 hectares de vignes à cognac achetés à une connaissance, « et depuis ç’a n’a pas arrêté pour moi ! C’est pourquoi j’apprécie les contrats qui sécurise ma production ». Par ces mots, Roland Vilneau dénonce les nombreuses pratiques douteuses de vente de cognac en Charente : « On m’a proposé anonymement d’acheter en argent liquide la totalité de ma récolte, à raison de 1500 euros pour l’hectolitre pur de Cognac ». De telles pratiques « peuvent à terme déstabiliser puis renverser le marché du cognac ».

Roland Vilneau, un patron qui donne envie

Dans la gestion de ses salariés, Roland Vilneau est plutôt un patron modèle. « Mes salariés chez moi sont respectés et bichonnés ». Conscient de la difficulté du métier et des salaires souvent trop bas, Roland Vilneau souhaite rétribuer ses employés à leur juste valeur : « Les gens qui travaillent dur, faut les payer ! ». Il dénonce « une rémunération bien trop faible, les grilles de salaires actuelles sont injustes ». Il fait appel à des saisonniers réguliers l’hiver de novembre à mars pour la taiIle et le tirage du bois puis au mois de juin pour le relevage et l’égourmandage des vignes. Les employés « viennent travailler à leur gré, selon les conditions climatiques ». Il n’oublie pas de leur offrir chaque année « un colis hivernal » de bonnes choses. Roland Vilneau entretient des relations familiales avec ses employés, comme le confirme Jean dit « Nono », l’un de ses saisonniers. A l’heure de la pénurie de main-d’oeuvre dans les vignes, le vigneron ajoute ne « jamais avoir de problèmes pour trouver du personnel », preuve que sa vision des relations de travail fonctionne.

Aménagement de la ferme viticole

Sous sa casquette de propriétaire modeste, Roland Vilneau est un véritable entrepreneur. En témoigne sa ferme qui s’est complètement transformée après plus de 20 ans de travaux qui ne sont d’ailleurs pas encore terminés. Roland Vilneau avait « à coeur d’être crédible par rapport à son ancienne fonction de président de l’association agrotouristique Bienvenue à la ferme ». Les récents aménagements qu’il a pu réaliser ces dernières années sont notamment l’ouverture d’une salle de réception pour ses clients (en 2018) et d’une salle de réception de plus de 300 mètres carrés, destinée à accueillir des événements privés (anniversaires, mariages.)

Roland Vilneau ne lésine pas non plus en termes d’équipement sur son exploitation. « L’investissement 2021-2022 représente plus de 500 000 euros comprenant l’achat de cuves en inox équipées de thermorégulation automatique et de deux pressoirs neufs de 80 hectolitres ». Il a équipé en 2009 les toitures de deux bâtiments de 724 mètres de panneaux photovoltaïques. Toutes ces transformations permettent à Roland Vilneau d’accueillir ses clients dans un cadre très convivial et agréable.

Dans les vignes, Roland Vilneau dit recourir à « seulement 8 traitements de produits phytosanitaires contre les maladies ». Pour des raisons environnementales, mais aussi de coûts de production. Mais « quand on traite, on traite ! C’est militaire ! »

Roland Vilneau parachève son portrait en affirmant qu’il effectue son métier de vigneron « par passion », mais aussi avec « prudence » : c’est sa répartition entre vins charentais et cognac lui a en effet permis de faire prospérer son entreprise et d’avoir « plusieurs cordes à son arc ».

 

Article : Alexis Rampnoux

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