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Les taxes Trump déclenchent un lobbying intense de la filière cognac

Les taxes Trump déclenchent un lobbying intense de la filière cognac

Samedi 06 Fevrier 2021

Cadeau (empoisonné !) de Trump avant de quitter la présidence des Etats-Unis : la taxation des cognacs et vins non pétillants, depuis le 12 janvier.

Dans le cadre du contentieux Boeing/Airbus, les États-Unis ont annoncé, le 30 décembre 2020, que de nouveaux vins non-pétillants, eaux-de-vie à base de raisin et cognacs, français et allemands seraient ajoutés, à compter du 12 janvier 2021, à la liste des produits soumis à des droits de douane supplémentaires de 25 % ad valorem. La filière française des vins et spiritueux a aussitôt réagi, déplorant, par la voix du président de la fédération des exportateurs (FEVS), César Giron, d’être « sacrifiée pour un différend sur l'aéronautique ». « On redoutait l'escalade du conflit, on y est et ça va durer », a repris celui qui est aussi le patron du cognac Martell. Le manque à gagner, jusque-là estimé à 600 millions d'euros, pourrait dépasser le milliard d'euros pour l’ensemble de la filière viticole, car « la 2e vague de taxes est encore plus puissante que la première », a remarqué le président de la Fédération, rappelant que les Etats-Unis étaient « le marché le plus important au monde pour les vins et spiritueux ». L’espoir du passage de relais entre Donald Trump et Joe Biden n’a nullement calmé les esprits, tandis que, du côté européen, le Brexit, effectif depuis le 1er janvier 2021, rajoutait une couche à ce lot d’incertitudes.

A l’interprofession du cognac, la mobilisation concrète a commencé par la participation à une réunion avec les ministres de l’Economie, de l’Agriculture, du Commerce Extérieur et des PME, à Paris le 7 janvier. « On constate que les vins et spiritueux sont de plus en plus pris en otage dans des contentieux politiques, diplomatiques et économiques qui ne les concernent même pas », confiait Raphaël Delpech, le directeur du BNIC, la veille de ce rendez-vous auquel il a assisté aux côtés du président du BNIC, Christophe Véral. Mais surtout « nous percevons l’annonce de cette taxe comme un coup de semonce, une mise en garde, conçue pour être revue à la hausse si les autorités françaises et européennes n’en tiennent pas compte ». D’où l’envoi d’un courrier à Emmanuel Macron, qui était justement annoncé à Jarnac le 8 janvier dans le cadre de l’hommage à l’ancien président de la République, François Mitterrand. Emmanuel Macron a donc dépêché cette journée-là au BNIC son conseiller agricole, Paul Delduc, qui a été reçu par les responsables de l’interprofession du cognac. Pour le BNIC, qui répète en boucle le même message dans tous ses communiqués depuis le début de la crise, la ligne est claire : « La priorité absolue demeure d’obtenir la suspension immédiate des taxes américaines sur les vins et spiritueux et la fin de la surenchère. Nous nous en remettons au président de la République pour que le sujet soit expressément évoqué lors son premier échange avec son nouvel homologue américain ». Mais a priori de ce qui a filtré de ce premier entretien d’une heure, qui s’est tenu le 24 janvier entre Macron et Biden, c’est que la filière viticole, face à la pandémie, l’accord sur le climat ou la situation géopolitique instable du Moyen-Orient, va devoir prendre son mal en patience.

 

Fabienne Lebon

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