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Tour "MiVigne" en Charentes

Le projet Mobilisation et Innovation Vigneronne (MiVigne) découle du Plan national Dépérissement du vignoble.

« Le plan national de dépérissement du vignoble est un vrai sujet, car il en va de notre patrimoine végétal viticole. Tous les jours, sur le terrain, nos techniciens de Chambre d’agriculture sont soumis à des questions sur les maladies du bois pour y apporter des solutions. C’est à cette problématique que s’est attelé le programme MiVigne (pour Mobilisation et innovation vigneronne) » lance en préambule Denis Carretier, référent national Viticulture pour les Chambres d’agriculture. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, ajoute aussitôt le président de la Chambre régionale d’Occitanie. Sur les 800 000 hectares du vignoble français, à raison de 5 % de perte, cela équivaut déjà à 40 000 hectares… Alors certes, il existe des techniques telles que la complantation pour contrecarrer le phénomène, mais il représente un coût ». Le président de la Chambre régionale d’Occitanie accompagnait mardi 9 juillet un groupe de journalistes nationaux, à la découverte des initiatives pratiques de MiVigne appliquées au vignoble de cognac.

Les deux présidents de Chambres d’agriculture, Christian Daniau pour la Charente et Luc Servant, pour la Charente-Maritime étaient également de la partie. « Nos deux chambres travaillent de concert sur la partie viticole » a précisé le président charentais, aux côtés d’Anne-Marie Vaudon, responsable du comité d’orientation Viticulture à la Chambre d’agriculture de Charente.

Et justement, en Charentes, la problématique autour des maladies de bois est particulièrement prégnante. Une enquête menée auprès de viticulteurs (158 réponses) établit la perte de productivité due aux maladies du bois entre 10 à 20 hl de vin par hectare.

Dans la région délimitée, le lancement du réseau MiVigne s’est concrétisé par la création de quatre groupes. Les deux groupes MiVigne de Charente-Maritime travaillent sur la conduite et la taille du vignoble face aux maladies du bois (taille vertueuse Poussard, respect du calendrier lunaire…) et sur le matériel végétal (plantation récente de porte-greffes) ; ceux de Charente, suivis par le technicien Laurent Duquesne, se sont centrés sur le « maintien de la productivité » (entreplantation…) et « la gestion du stress hydrique et des besoins en eau » (irrigation, couverts…).

Trois bassins pilotes au plan national

« Neuf autres groupes de viticulteurs MiVigne se sont aussi mis en place en Val de Loire et 16 en Rhône-Provence. En tout, trois bassins viticoles ont été retenus pour ce programme riche de 29 réseaux actifs » détaille Anastasia Rocque, coordinatrice nationale de MiVigne. Elle rappelle la genèse du projet, qui « découle de la première ambition du plan national de dépérissement du vignoble », « celle qui vise à faire du viticulteur un acteur au cœur de la lutte », reprend la coordinatrice. Plus concrètement, l’objectif de MiVigne est, selon elle, de « réunir les vignerons en réseaux afin qu’ils échangent sur leur perception et les problématiques de dépérissement impactant notamment la longévité de leurs parcelles et leur potentiel de production ». Et au-delà de l’échange d’expériences, il s’agit de « capter l’innovation pour essayer de la transférer à d’autres viticulteurs ».

Trois pauses dans le vignoble charentais

Les rencontres à travers le vignoble charentais ont commencé à la pépinière Cabel à Sonnac (17), puis sur le domaine bio de la Tour Vert à Foussignac avant de se terminer dans les vignes de Christophe Gambier à Triac-Lautrait pour une démonstation d’entreplantation. A chaque fois, les responsables présents ont expliqué leurs motivations et les techniques à l’essai. La pépiniériste de Charente-Maritime, Delphine Bellebeau, a fait le lien avec le matériel végétal en termes de qualité, traçabilité et de recherche. cela a permis d’évoquer le programme de recherche sur les cépages résistants aux maladies du mildiou et de l’oïdium.

A Foussignac, Jean-Baptiste Pinard, même s’il n’est pas intégré à un groupe MiVigne spécifique, participe depuis des années à de nombreux essais : sur les maladies du bois et la phytothérapie avec la Chambre d’agriculture et les pièges connectés pour la cicadelle de la flavescence dorée, avec la Station viticole du BNIC. Concernant cette dernière maladie, il est d’ailleurs partant pour mener des essais en vue de réduire les trois traitements obligatoires en zone contaminée. La réduction du cuivre est aussi l’une des préoccupations de ce viticulteur bio.

Enfin à Triac-Lautrait, l’exploitation de Christophe Gambier implantée dans l’aire d’alimentation de captage La Touche Triac a permis aussi de dresser le bilan des mesures agroenvironnementales en viticulture (25 viticulteurs engagés représentant 412 hectares sous contrat).

Article rédigé par : Fabienne Lebon

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